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L’internet Européen doit-il être dépendant du Département du Commerce américain ?

 

par régis Jamin
18/04/2005

 

Le 12 octobre 2004, la Commission européenne, après plusieurs années de travaux et à la suite d’un appel d’offre fastidieux signait enfin un contrat avec la société Eurid officialisant son statut de registre du « .EU ».

L’identification européenne sur Internet, dite “.EU”, allait-elle enfin être disponible aux entreprises européennes ou à ses citoyens ? Hélas non, car la Commission n’a pas finalisé en parallèle de sa procédure d’appel d’offre, la demande d’intégration du « .EU » dans le système de nommage sur Internet par son régulateur, l’ICANN, le « gouvernement » de l’Internet encore sous tutelle officieuse du Département du Commerce Américain.

Prévu pour fin 2004, cette inclusion du « .EU » dans la “racine” Internet n’a toujours pas eu lieu et les étapes suivantes, comme l’accréditation des fournisseurs de services d’adresses ou « registrars » ou même la publication des règles d’attribution définitives de l’extension n’avaient pas été démarrées.

Entre le peu d’empressement de l’ICANN, et sans doute du Département du Commerce Américain peu enclin de voir un certain nombres d’entreprises européennes concurrentes des siennes devenir trop « visibles » sur Internet avec l’image d’un « .EU » comme le sont les entreprises américaines avec l’extension « .US » et la « lenteur » de la Commission européenne sur cette affaire, l’économie européenne se retrouve une fois de plus handicapée.

Car n’en doutons pas, cette extension suscite déjà toutes les convoitises. Il y aurait déjà 500 millions de candidats européens potentiels, annonce-t-on dans le petit milieu des « registrars » et qui prédisent “une ruée vers l’or”.

Deux raisons à cela : il s’agit soit de “fermer la porte aux autres sociétés en ne leur laissant pas la possibilité d’obtenir des noms stratégiques”, soit “d’ouvrir la porte pour soi en élargissant sa présence sur Internet”. “Les sociétés qui voudront donner une dimension européenne à leurs activités ne peuvent se permettre d’être absentes de cette nouvelle zone”, précise-t-on chez ces mêmes fournisseurs.

Ainsi toute entreprise ayant son siège, son administration ou son lieu d’établissement principal dans l’Union pourra postuler, de même toute organisation établie dans l’UE ou toute personne physique résidant dans un des 25 pays. Pendant une période dite de “sunrise” (aube), certaines sociétés bénéficieront d’un enregistrement prioritaire, justifié par un dépôt de marque. Ce sera aussi le cas des organismes publics ou encore des appellations d’origine.

Ce ne serait donc pas avant fin 2005, soit 5 années après les premières demandes des entreprises ou organismes de l’Union que le « .EU » ne leur serait enfin disponible. N’est-il pas temps pour l’Union qui compte une des plus importantes populations d’internautes mondiales de s’émanciper et de créer son propre organisme de régulation partenaire mais indépendant de l’ICANN et de sa tutelle américaine ?

Source Indom, TF1

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